Tiré du roman éponyme de David Nichols, Un Jour est le digne successeur des derniers du genre que sont (500) Jours Ensemble ou Away We Go. L'oeuvre se propose de raconter la rencontre entre un jeune homme extraverti nommé Dexter et une jeune fille sensible répondant au nom d'Emma, à la fin des années 80. En suivant sur vingt ans d'évolution la relation entre les deux personnages, le procédé narratif aurait pu lasser ou tomber facilement dans les pièges du genre mais il s'avère que celui-ci est manié avec une telle fluidité que le spectateur ne cède jamais à l'ennui. Et il faut dire qu'avec Lone Scherfig (Une Education) aux commandes, cela paraît plus normal. En se concentrant sur une journée par an durant deux décennies, la réalisatrice montre autant qu'elle ne cache cette tendresse inconditionnelle que se portent les deux personnages. Ainsi, l'Amour n'est plus seulement l'objet unique de la relation, il est le témoin de la complicité entre les deux êtres. C'est d'ailleurs pourquoi le film ne sombre jamais dans le pathos.
Maniant sa caméra avec des décors sublimes (La France n'a jamais été aussi belle) et des couleurs passant du bleu matinal à l'orange crépusculaire, la réalisatrice a su trouver la bonne équation pour faire naître une histoire d'amour captivante : en rendant sensible l'entente qui les unit, les deux acteurs principaux confirment le talent qu'on leur savait déjà. Alors qu'Anne Hathaway illumine l'écran aussi bien dans ses tenues eighties qu'en tailleur serré, Jim Sturgess fait preuve d'une subtilité innatendue mais révélatrice. Grâce à un chassé-croisé amoureux où chaque moment a une importance sur la relation du couple, Un Jour évite soigneusement le happy-end en proposant un dernière demie-heure tragique et percutante. Miroir de nos existences, le film renvoie alors brusquement à une réalité où l'immortelle idylle n'a pas sa place.