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Le devenir de l’Europe : une sécession entre le Nord et le Sud ?

D’après les politiques français, la perte du triple A de la France n’aurait pas de conséquences trop catastrophiques sur l’économique du pays, par contre cette dégradation jouera sur le devenir de l’Europe et de l’Euro.



Le devenir de l’Europe : une sécession entre le Nord et le Sud ?
Plus le temps passe, plus il y a un risque d’une fracture Europe du Nord/ Europe du Sud. La situation fait penser à celle de l’Amérique avant la Guerre de Sécession : les Etats du Nord, anglo-saxons, avec des valeurs basées sur le dollar et la performance économique contre les Etats du Sud qui avaient gardé un art de vivre issue de la vieille Europe et qui produisaient le coton et autre matière premières. Les problèmes monétaires entre les deux factions ont abouti à la Guerre de Sécession (Si la question de l’esclavage se posait, elle était en réalité un prétexte).
L’Europe d’aujourd’hui est pratiquement dans la même configuration et la France faisait tampon. Elle vient de perdre de son prestige et donc de son influence. Elle n’aura plus qu’un strapontin chez les Allemands et ce, quelque soit le président élu en 2012.
Pour éviter d’en arriver à une guerre de terrain, les Etats du nord essayeront de mettre à la tête des états des gens favorables à leurs thèses, comme en Italie. Un responsable des banques disait dans un débat télévisé qu' « il souhaitait des gouvernements de techniciens ». Ces Etats du Nord s’ingèrent aussi dans la politique intérieure des Etats comme en Hongrie où une offensive est menée contre la nouvelle constitution de couleur nationale. Dans la situation actuelle, il y a aujourd’hui une inconnue : l’attitude des Pays de l'Est qui ont rejoint cette Europe, et de ceux qui postulent. Il y a aussi le problème de la Russie. Ces Etats du Nord aimeraient bien que Poutine s’en aille. Pour cela, un candidat, homme d’affaire et proche de l’Europe occidentale, s’agite mais Poutine semble tenir encore le pays malgré des manifestations dans les grandes villes.

Le débat tronqué de Maëstricht

Lors de cette première consultation, il s’agissait de répondre par oui ou par non à une idée, un concept. La vraie question fut détournée. Celle-ci aurait du être : Voulez vous d’une Europe Fédérale ou d’une Europe des Nations ? Pour éviter de trancher, ce fut un compromis. Après le marché unique déjà réalisé par le traité de Rome, il fallait mettre en place une monnaie unique, ce qui fut fait, puis cela devait être la langue unique, ce qui a commencé en imposant l’anglais partout. Enfin, l’étape finale : la constitution d’un gouvernement fédéral, ce qui est demandé aujourd’hui par ceux qui veulent soi-disant sauver l’Euro.
C’était un moyen détourné pour arriver à une fédération. Mais cela n’a pas marché. Les différences de culture, de mentalité entre les pays anglo-saxons et les pays latins sont trop importantes. Les valeurs sont encore trop éloignées. On retrouve aussi les différences entre la pensée protestante et catholique que l’on essaie de gommer depuis plusieurs décennies à grand renfort d’œcuménisme, de rapprochement entre les religions « afin d'effacer ces différences intolérables ».
2012 sera un tournant décisif. L’euro risque de disparaitre, le problème de la Grèce est toujours en suspend, d’autre pays auront les mêmes difficultés (n’aurait-il pas fallu mettre en place une monnaie commune pour l’économie et les échanges tout en gardant les monnaies nationales ?) Dans le cas de la chute de la monnaie unique, l’Europe risque une panne prolongée. Ces problèmes peuvent aussi déclencher un réveil des nationalistes radicaux.

Lundi 16 Janvier 2012
Jean Montchauvet

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