Les informations du Sud Vendée



.Le charnier Vendéen découvert au Mans

Il y a quelques semaines, nous avions rapporté cette information : la découverte d'un charnier de Vendéens massacrés en 1793 dans la ville du Mans. Pierre Gréau, historien de cette époque nous raconte cette bataille.



Les batailles de Pontlieue, 11 et 12 décembre 1793, et les massacres du Mans le 13 décembre.

.Le charnier Vendéen découvert au Mans
Après leur échec sous les murs d'Angers les 3 et 4 décembre, les Vendéens se dirigèrent vers le Mans, ville ouverte, simplement défendue par des gardes nationales, ou les chefs étaient sûrs d'y trouver de quoi nourrir leurs troupes et leurs familles. Ils y rentrèrent facilement le 10 décembre au soir et se jetèrent sans retenues sur les provisions des Manceaux. Il faut dire l'état de misère de cette masse humaine évaluée à 25000 personnes, errant depuis plus de 55 jours, perdue de faim, de froid et de dysenterie. L'odeur était telle que les représentants l'appelait l'armée des Puants.

Le répit fut de courte durée. Dès le 11 décembre au matin, le général Westermann, à la tête de sa cavalerie, venait attaquer leurs avants-postes. Il fut repoussé. C'est le lendemain, le 12, que se déroula la seconde bataille de Pontlieue. Les Vendéens avaient mis en place un dispositif solide entre les routes d'Angers, de Tours et de Vendôme. Quinze pièces de canons furent mises en batterie de part et d'autre de la route d'Angers. Westermann, renforcé par l'armée des Côtes de Cherbourg commandée par le général de Tilly vient s'y casser les dents et est bousculé jusqu'à Foulletourte. Mais une contre attaque épaulée par la division de Kléber brise les lignes de défense royalistes qui refluent en désordre sur le Mans. A la chute du jour, les rues sont pleines de femmes qui fuient, de chariots chargés de blessés et de malades, de caissons abandonnés et brisés et de cavaliers qui écrasent sans pitié la foule épouvantée.


.Le charnier Vendéen découvert au Mans
Des combats de rues se déroulent toute la nuit, permettant à beaucoup de Vendéens de fuir vers Laval. A huit heures du matin, il n'y a plus de résistance, et les massacres vont ensanglanter toute la journée du 13, malgré les prétendues interventions du général en chef Marceau. Les affiches d'Angers publieront le 16 décembre la lettre suivante: "...depuis la guerre de la Vendée, on ne vit jamais de boucherie pareille. Les brigands couvrent les rues. On ne peut faire un pas sans marcher sur leurs cadavres"... Les horreurs ne prendront fin que dans l'après midi. Les prisonniers et prisonnières en attente de jugement seront jetés dans les églises de l'Oratoire, de la Mission et des Ursulines.

La municipalité, qui avait quitté la ville le 10 décembre, prit rapidement des premières mesures d'urgence. Elle fit déblayer les rues et enlever les ordures qui infectaient l'air, fit creuser de grandes fosses pour enterrer les cadavres ramassés çà et là, et ceux qui étaient tombés dans la rivière. La ville fut nettoyée en deux jours. Mais ces mesures ne suffirent pas à enrayer l'épidémie apportée par les Vendéens malades de la dysenterie, et de nombreux Manceaux qui avaient dépouillé les cadavres de leurs vêtements souillés, rejoignirent leurs victimes dans les fosses creusées sur la promenade des Jacobins et à Pontlieue. Conformément à l'arrêté du conseil de santé, ces fosses furent recouvertes d'une couche de chaux sur laquelle on versa une quantité d'eau suffisante.

Mardi 10 Mars 2009
Pierre Gréau



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