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.Chemillé : Le Pater des Vendéens peut-il être remis en question ?

Il y a trois semaines, un commandant en retraite donnait une conférence dont le thème était la remise en cause du « Pater des Vendéens » épisode emblématique des Guerres de Vendée à Chemillé. La Vendée militaire publie opportunément dans son n° de décembre le drame historique joué en 1907.



En 1917, le vitrail du pater des Vendéens était béni en l’église Saint-Pierre de Chemillé
En 1917, le vitrail du pater des Vendéens était béni en l’église Saint-Pierre de Chemillé
Pour mener à bien des recherches historiques sur les périodes troublées de l’Histoire de France, il existe plusieurs méthodes. Concernant les Guerres de Vendée dont furent le théâtre les départements de Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Vendée et Deux-Sèvres, on peut se contenter des rapports officiels rédigés par les Républicains et conservés aux Archives militaires de Vincennes. Nul doute qu’on n’y trouvera pas la relation des événements qui pouvaient compromettre la carrière des militaires en poste, chargés de « pacifier » la Vendée militaire, d’autant qu’à l’époque, c’est sa tête qu’on y risquait !

Le silence des Vendéens

Comme dans chaque épisode comparable de l’Histoire, les survivants de l’épopée vendéenne et des massacres qui ensanglantèrent le pays vendéen en 1794 gardèrent publiquement le silence, le temps de refermer les blessures. Est-ce une raison suffisante pour ignorer la tradition orale qui n’apparut qu’un peu plus tard, attestant l’épisode du « Pater des Vendéens » ?
Au soir du grand choc du 11 avril 1793, d’Elbée, futur généralissime des armées catholiques et royales, s’employa à éviter le massacre des républicains vaincus en faisant réciter à ses soldats le Pater Noster qui contient la phrase « pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Et les prisonniers furent graciés.

Une pièce et un vitrail
Cet acte de pardon chrétien - les Vendéens se soulevèrent en 1793 « pour Dieu et pour le Roi » - précurseur de ce que sera le Pardon de Bonchamps à Saint-Florent-le-Vieil après la défaite de Cholet et la victoire de Beaupréau en octobre 1793 a fait l’objet de nombreux actes de commémoration. L’abbé Clémot écrivit une pièce en cinq actes dont l’évêché recommandait la diffusion en 1907 et un vitrail fut béni en l’église Saint-Pierre de Chemillé en 1917.
La revue Savoir raconte, entre autres textes riches sur les Guerres de Vendée, ces deux moments forts de la mémoire fidèle, gardés précieusement par les descendants des combattants et honorés par l’Église. Sans contestation possible !

Source : Revue Savoir : Vendée militaire, 2 avenue de la Gare, 49 123, Ingrandes-sur-Loire. Tél. 02 41 39 25 36.

Lundi 4 Janvier 2010
Henry Renoul



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